Pain au feu de bois à Camps-la-Source

Qu’est ce qu’on est bien dans son confort quotidien n’est-ce pas? Il y a quelques de temps de ça, fermait à Brignoles une des boulangeries à laquelle j’étais attachée depuis mon enfance: le Puits d’amour (c’était bel et bien écrit pourtant…). La faute récurrente revient une fois de plus à l’envahisseur consumériste et gargantuesque qu’est l’agroalimentaire ayant bien pris ses aises à la périphérie de nos coeurs de ville. C’est donc avec des trémolos dans la voix que je demandais à la boulangère ce qui fut mon dernier croissant au chocolat: un feuilleté aérien dont la croûte cuite au feu de bois n’était autre que divine, au goût proche d’une brioche feuilletée et ces souvenirs incessants et inoubliables qui ne s’altèrent jamais. Mon seul regret, de ne pas avoir tout simplement demandé la recette pour qu’elle puisse être transmise à qui de droit, à celui qui aurait su me faire revivre encore et encore ce moment subtil d’émotions gustatives… Et même si ma curiosité quotidienne des bonnes choses me permet de découvrir sans cesse de nouvelles adresses, j’aimais bien l’idée d’être attachée à ce lieu, qui n’avait jamais changé et où j’avais mes habitudes.

Le four communal du XVII siècle

C’est donc dans ces cas-là qu’intervient le fameux rebondissement! L’envie de retrouver ce goût, cette émotion et de pouvoir les partager… C’est au cours d’une mes balades matinales que j’ai remarqué cette petite boulangerie au sein du village de Camps-la-Source: même si elle est inévitable de la route, la devanture reste discrète et on pénètre ici dans une vieille boulangerie rurale comme un retour dans le temps. Ma première visite fut une agréable surprise, un échange avec la femme du boulanger qui me présente les produits de la maison dont elle me raconte l’histoire: tous les pains, les gâteaux, les biscuits et les viennoiseries sont cuits dans le four communal par son mari qui se situe au coeur du centre historique, un peu plus haut. Et là, je redeviens la gamine à qui la gentille boulangère offre une brioche au sucre… Les souvenirs remontent, bref c’est une bonne adresse.

La brioche qui m’a fait craquer…

Le pain est à croquer tout simplement, avec un beurre cru et quelques grains de sel, j’en ferai des apéritifs à refaire le monde! Après plusieurs visites, j’en veux plus (jamais assez de bonnes choses me direz-vous!) et le rendez-vous est pris avec Claude le boulanger. Bien que l’heure soit matinale, il m’a épargné le réveil nocturne pour la mise en chauffe du four à bois. Un peu plus haut, face à l’église et à la mairie trône la rue du Four, impossible de rater l’entrée aux côtés de l’énorme tas de bois et les bidons de cendres…

Claude, le boulanger du Palais Gourmand

C’est alors que la conversation s’engage entre brioches, pains au chocolat et cette odeur alléchante des dernières baguettes qui cuisent dans le four avant d’être livrées dans un des villages voisins… Claude est avant tout un artiste, avant de façonner la pâte il a reçu une formation d’ébéniste à Marseille, puis, la vie à fait qu’il s’est orienté vers le métier de boulanger. Ainsi, ce perfectionniste s’affaire depuis trente ans à travailler les meilleurs produits qu’il me montre avec le plus grand respect: la farine est haut de gamme tout comme le beurre et les autres ingrédients. C’est avec la plus grande attention que je l’écoute, entre deux clients qui passent la porte pour acheter leur baguette à même le trottoir, me raconter l’histoire de ce four communal datant de 1670 dans lequel chaque jour il sort près de 300 pièces et qui nécessite une quantité de bois impressionnante pour son utilisation (5 stères toutes les 3 semaines!).

Prêtes à être dorées…

Après une heure de conversation avec Claude, je redescends à la boutique échanger avec son épouse. Au Palais Gourmand, les pains sont variés et en fonction des saisons (châtaigne, figues…) mais si l’histoire s’arrêtait là… Afin de proposer le meilleur à ses clients, Claude confectionne également des navettes à la fleur d’oranger et à l’anis, des marrons glacés, des tartes aux pignons (mon pêché mignon), des gâteaux d’anniversaire qui sont « exquis » d’après les confessions d’une mamie venue acheter son pain et une tarte au flan cuite au feu de bois à se damner! (m’ayant donné les proportions, je vais essayer d’en réaliser une prochainement…).

La Campsoise, la baguette de la maison

C’est donc une belle adresse que je vous livre aujourd’hui: un lieu chargé d’histoire au sein duquel des personnes s’investissent pour préserver les traditions et les recettes de terroir qui bientôt sera reprise par un jeune couple à qui je souhaite tout ce bel amour du métier.

 

Parce qu’il est toujours bon de se régaler de valeurs sûres… Belle balade gourmande.

Flan pâtissier cuit au feu de bois

Le Palais Gourmand. Rue Marcellin Marin l 83170 CAMPS LA SOURCE

Horaires d’ouverture: Du lundi au vendredi de 7h à 12h30 et de 16h à 18h30 l Le samedi et le dimanche: de 7h30 à 12h30

Fermeture hebdomadaire: le mercredi

Bon comme…